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Œdipe ou le complexe de la Psychanalyse Freudienne




"J'ai souvent constaté que mes patients qui avaient fait une analyse freudienne avaient une attitude purement intellectuelle vis-à-vis de la vie. Ils sont privés de son mystère : ils savent tout à son sujet, et si vraiment ce n’est pas le cas, alors le médecin en blouse blanche qui est assis derrière son canapé le saura. L’analyse freudienne vous explique tout comme provenant du complexe d’Œdipe. Les rêves ne sont plus un mystère ; ils sont percés à jour ! Tous les objets longs sont phalliques, les autres sont féminins et ceux que l’on n’arrive pas à catégoriser ont une connotation sexuelle. Si vous connaissez, grosso modo, l’anatomie, vous savez tout sur l’analyse freudienne ; il vous suffit de faire les liens avec le schéma. L’interprétation des rêves devient donc très facile, voire monotone. Freud s’est même plaint une fois à Jung de ne plus travailler beaucoup sur les rêves parce que c’était trop monotone ! Bien sûr ! Il connaissait ce qui allait en sortir, il n’avait plus qu’à jouer son tour de magicien en glissant d’abord le lapin dans le chapeau, afin de le ressortir juste après ! Telle est l’interprétation freudienne du rêve : on sait à quoi cela mène, à savoir la situation d’Œdipe, que vous mettez d’abord dans le chapeau, puis que vous retirez triomphalement. C’est un raccourci intellectuel, toujours la même chose, et vous entrez indubitablement dans l’ornière de la monotonie. Votre esprit n’est plus ouvert au fait qu’il puisse exister quelque chose que vous ne connaissez pas encore, ou que vous pourriez rêver de quelque chose qui vous est encore inconnu. Notre ego est donc nourri d’illusions conscientes, en sachant qu’il s’agit simplement de tout savoir à son sujet, ce qui entraîne une stagnation complète de la vie. Il existe un certain type d’homme avec un complexe maternel, très attiré par la psychologie freudienne parce que son effet sur l’individu est similaire à celui du complexe lui-même ; c’est-à-dire que c’est une autre prison, et cette fois vous êtes emprisonné dans une situation connue, sous contrôle de votre intellect. Le système freudien a ses lacunes, mais celles-ci n’ont pas été approuvées par son fondateur, qui a créé le système comme quelque chose d’entièrement connu, à l'exception de l’aspect physique où là il reste des ouvertures sur la chimie à l'échelle biologique. Sur le plan religieux ou philosophique, il n’y a pas d’ouvertures. Là, tout est précisément défini, et pour cette raison l’analyse freudienne semble séduisante pour la victime d’un complexe maternel sévère, avec son attitude anxieuse et peu généreuse, puisqu’elle lui offre une autre cage de protection. On apprend la langue facilement, et celui qui a eu une analyse freudienne pendant environ six mois sait tout. Si vous avez un patient qui en a fait une, il vous apportera son rêve avec une interprétation bon marché et toute faite. Vous vous sentez intrigué par le rêve et vous vous demandez ce que ça signifie, mais il vous interrompra et vous demandera si ce n’est pas encore la situation d’Œdipe. De telles personnes ont tout à leur portée, et par conséquent, la vie ne peut plus être fluide. L’analyse freudienne est complètement dénuée de ressenti, cela s’exprime également de manière factuelle dans la mesure où le psychanalyste n’est pas autorisé à avoir des sentiments envers ses patients, il les évite en s’asseyant derrière le client ; tout sentiment personnel ou réaction est suspect (bien sûr, je parle strictement de l’école freudienne orthodoxe ; il y a depuis des écoles bien différentes, mais je fais référence ici au positionnement originel). Si la fonction sensorielle du patient est déjà endommagée, la situation peut devenir catastrophique et la scission pourra d'autant plus s'aggraver." Marie-Louise Von Franz, Le Puer Aeternus, Partie II.

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